Méthode — recherche de linéaires antiques en forêt landaise (LiDAR HD)
1. Principe
Une voie romaine (via) se présente souvent en micro-topographie comme un talus linéaire sub-décimétrique (« agger ») de 4 à 8 m de large, parfois flanqué de fossés, coupant indifféremment le relief et l'hydrographie sur des portées rectilignes de plusieurs centaines de mètres à plusieurs kilomètres. Sous plantation de pins maritimes, le MNT LiDAR HD (sol filtré) révèle ces reliefs que la végétation masque totalement.
2. Données
| Jeu | Producteur | Rôle |
|---|---|---|
| MNT LiDAR HD 1 m (sol filtré) | IGN | détection du micro-relief |
| MNS LiDAR HD 1 m (surface) | IGN | hauteur de végétation = discriminateur |
| Orthophoto 2023 | IGN | vérification visuelle (pistes modernes, coupes) |
Emprises : 11 blocs de 5 × 5 km le long du corridor historique Burdigala (Bordeaux) → Astorg (Astorga) via Segosa (Saint-Paul-lès-Dax) : Belin-Béliet/Lamothe, Louchats, Le Sen, Luxey, Cère/Hurtebise (voie romaine connue — utilisée comme témoin de calibration de la méthode), Bostens, Mont-de-Marsan, approche nord de Saint-Paul-lès-Dax.
3. Chaîne de détection
- Résidu de micro-relief : R = MNT − médiane locale (fenêtre ≈ 44 m). Supprime la topographie douce (dunes, vallées) et ne garde que le relief fin.
- Réponses de crête orientées : convolution de R par 12 noyaux rectangulaires (25 × 3 px ≈ 25 × 3 m) à azimuts 0°-165° ; rétention du maximum (direction de crête). Réponse des fossés latéraux (offsets ±7 m) soustraite à 50 % : un agger à double fossé est renforcé.
- Seuillage : hauteur résiduelle ≥ 0,10 m ; ouverture morphologique 3×3.
- Extraction de segments : composantes connexes → PCA ; conservés si longueur ≥ 80 m, largeur ≤ 16 m, rectitude (σ perpendiculaire / longueur) ≤ 0,04, hauteur moyenne ≥ 0,10 m.
- Discriminateur moderne/ancien : hauteur de végétation médiane (MNS − MNT) le long du linéaire. Une piste forestière moderne est déboisée (veg ≈ 0) ; une structure ancienne sous plantation porte canopée haute (veg > 8 m). Attribut « moderne_doute » renseigné, jamais filtré durement.
- Chaînage : segments d'azimuts voisins (±4°) et d'extrémités proches (< 300 m) regroupés en candidats de voie (longueur cumulée).
4. Calibration et vérification
- Le bloc Hurtebise (Cère) recoupe une voie romaine inventoriée : toute détection valide doit y apparaître (témoin positif). L'absence d'alerte significative sur ce bloc indiquerait des seuils trop stricts.
- Chaque candidat doit être confronté à : l'orthophoto (piste moderne ?), la carte de Cassini (XVIIIe s.), le cadastre napoléonien, puis au terrain (DRAC-SRA / archéologue). Un linéaire droit peut aussi être un bornage, un fossé de drainage ou une ancienne ligne forestière.
5. Limites
- Les coupes rases et pare-feux créent des micro-reliefs parasites.
- Un chemin moderne non entretenu peut être l'héritier d'un tracé antique (perduration des tracés) : un « doute moderne » n'exclut donc pas l'intérêt.
- Détection sensible aux seuils ; les portées dégradées (< 80 m) ne sont pas extraites.
Traitement : /home/projet/voieromaine — données IGN Etalab 2.0 — Cassini Expertise.